JEAN PIERRE SARTENE

Jean Pierre SARTENE, né en 1963, fait des études de philosophie.

A Parie il côtoie des artistes, des écrivains. Il se rend régulièrement à la Grande  Chaumière, lieu de rencontre et de travail des peintres.

 

Ses premières expositions datent de 1983 à Neuilly. Il passe par le forum des Cordeliers en 1997, la galerie Sainte Catherine à Rodez en 1999 et d'autres lieux aussi prestigieux.

Aujourd'hui il consacre entièrement son temps à la peinture dans son atelier de Capdenac.

 

Lorsqu'on lui demande de se définir il dit : « Je suis d'abord et avant tout un peintre de la douleur ». Jean Pierre SARTENE peint dans le désir de s'enfuir.

 

C'est au plus profond de la nuit qu'il puisse l'inspiration.

 

Le courant sous-jacent de sa peinture est hanté et proche de la maladie.

Elle se nourrit aussi des écrits de Nietzsche, de Kierkegaard et des écrivains pétris de pessimisme bouddhique. Antonin Artaud n'est pas loin.

 

Artiste secret, Jean Pierre SARTENE aime le silence et l'obscurité. Pourtant ses toiles grouillent de formes éclatantes et de couleurs; parfois "la couleur du sang dont les gouttes sont noires" "noires comme la petite langue d'une salamandre" dirait Artaud.

 

Peintre des profondeurs, celles de son âme, celles abyssales où il va chercher les regards et les tentacules de ses animaux marins. De Nietzsche il fait sienne cette phrase "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort", quand il peint c'est une forme de suicide dont il ressort vivant.

 

Le regard de jean Pierre SARTENE, son absence au milieu de la foule en disent long sur les souffrances internes de l'homme. Souffrances dans lesquelles il trempe ses pinceaux pour faire jaillir au grand jour ses visions personnelles.

 

Ses toiles projettent une force incroyable. Noir, rouge, doré, complexe. On doit imaginer plus que voir.

 

Ses toiles reflètent «  l'instant du peintre ». Ce moment où au cœur de la nuit, de Sa nuit l'artiste peins ses états d'âmes, ses pulsions, ses angoisses. 

La vison très personnelle de son oeuvre lui fait dire : " ma peinture ne m'appartient pas, elle a sa vie à elle, je suis un médium"

 

Jean Pierre SARTENE souhaite qu'on expose et regarde sa peinture simplement sans qu'elle soit enrobée.

 

Une exposition puissante. Une exposition à voir absolument. 

 

On peut aimer ou pas mais en aucun cas on ne peut rester indifférent .

Henri Agel professeur agrégé de lettres classiques, titulaire de la première chaire de cinéma en France et écrivain, a écrit sur Jean-Pierre Sartène ce qu'il a ressenti en voyant son œuvre :


Je tiens à parler de façon très personnelle (et chaleureuse)  des oeuvres de Jean-Pierre SARTÈNE car elles se rattachent pour moi aux dernières années de l'avant-guerre 40 (qui comme par hasard faisaient coïncider les découvertes de Freud avec la montée d'une Apocalypse planétaire). Certes, j'ai apprécié très vivement le témoignage de mes confrères tout en faisant quelques réserves sur leurs références à Munch et à Bacon, peintres que j'admire fort par ailleurs, mais il me semble que notre ami qui a conquis par 'ailleurs une autonomie fulgurante où le viscéral se mêle au mystique, peut surtout être éclairé sinon décrypté par la pensée d'un homme que j'ai connu en 35 et dont un recueil s'intitulait « Sueur de sang » : il s'agit de Pierre-Jean Jouve qui ne séparait point l'éros du thanatos, 
ni « l'abattoir troué par le sexe » - selon le mot de Georges Bataille d'une perception abyssale du divin.

Mais deux autres noms se sont imposés à ma mémoire, au moment où j'entrais dans cet univers subliminal : celui d'Henri Michaux, le visionnaire de « La nuit remue » dont tout l'itinéraire est celui d'un cheminement vers l'infini à travers les tortures existentielles et aussi celui de d'Antonin Artaud que j'ai eu la chance d'approcher à Paris au moment où il montait et jouait « Les Cenci », tirés des chroniques italiennes de Stendhal. C'est précisément Artaud qui m'apparut vivre une des obsessions majeures de celui qui nous retient ici parce qu'il va vers « le rouge cerveau de l'être ». C'est lui aussi qui dit que les gouttes de sang rejetées avec violence par l'artiste sont « noires comme la petite langue d'une salamandre ».

Puis-je ajouter que pour l'auteur de « L'Ombilic des limbes », le visage « n'a pas encore commencé à dire ce qu'il est et ce qu'il sait ». Mais qui est-il ce visage et que sait-il ?

Les yeux qui nous harcèlent dans les toiles du peintre . aveyronnais et qui s'intègrent dans une saga allant d'un imaginaire originel à un imaginaire divin, ces yeux nous guident exactement vers cette zone qu'avait pressentie un Baudelaire. Le rédacteur inspiré des Fleurs du Mal avait déjà perçu la nécessité d'assumer « une pitoyable charge d'entrailles et de viscères » pour accéder au divin.

De l'infra au supra tel est le cheminement que nous devons franchir tout au long de cette jungle dont la puissante matière noire et rouge est déjà un exorcisme.

Paul Klee l'inépuisable, avait répété sans cesse: « l'Art ne reproduit pas le visible, il rend visible ». Comment Jean-Pierre y-est-il parvenu ? En reliant par une sorte de paradoxe (qui est pour lui une évidence aveuglante) les deux maillons de la chaîne, dont l'un plonge dans le grouillement cosmocentrique de la Création, et dont l'autre accède par un rejet fondamental et une décantation inespéré à ce divin en nous, qu'un Maître Eckart, un Jacob Boehme, les auteurs privilégiés de notre peintre, ont su élucider.

Ils nous conduisent vers un monde autre qui n'est pas l'autre monde, mais est fait d'une substance claire et pourtant si ténébreuse qu'elle nous échappe. Â nous de tenter cette ascèse pour devenir un peu plus que des hommes.


                                                                                                          Henri AGEL

 

Document provenant du site de Jean Pierre SARTENE www.sartene-jeanpierre.com

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